Sujets de stages
(2005-2006) proposés par PY.
- Sujets
de stages
(2005-2006) proposés par PY.
- Vagues de chaleur et
sécheresses en Europe depuis 1900
- Climat et dates de
vendanges en France
- Propositions de Stages "
Modélisation du Climat"
- Changement climatique et mousson:
analyses des relations entre le cycle saisonnier et la
variabilité interannuelle
- Analyse des instabilités
climatiques observées dans l’hémisphère Sud
à l’aide d’un modèle couplé climat-calottes
polaires
- L'évolution du cycle du
carbone au cours du Quaternaire
- La rétroaction entre
l'érosion continentale et le cycle du carbone lors du dernier et
du prochain million d'années
Vagues de chaleur et
sécheresses en Europe depuis 1900
Contenu du sujet :
Depuis quelques années, les phénomènes comme les
canicules ou les sécheresses prennent des caractères
extrêmes qui ont des impacts énormes sur la
société et l’économie. Le sujet du stage vise
à étudier les relations éventuelles entre
températures de surface de l’océan, pression de surface
autour de l’Atlantique nord et précipitations de l’hiver au
printemps, et les extrêmes de température et de
précipitation en été. L’étude sera
basée sur des observations météorologiques au
cours du 20ème siècle.
Travail à
effectuer par le stagiaire :
Le stagiaire effectuera des analyses statistiques sur les jeux de
données (SST et SLP) afin d’en trouver les modes principaux de
variations. Il sera amené à se documenter sur la
définition des phénomènes extrêmes, pour en
calculer des indices à partir d’observations de
température et de précipitation. Il examinera les liens
entre les modes « globaux » mis en évidence avec les
SST et SLP, et les indices d’extrêmes.
Niveau du stage :
Master 2°année
Date de début
souhaitée :
Dès que possible
Durée
souhaitée :
au moins 3 mois
Contact
Pascal Yiou
Climat et dates de
vendanges en France
Contenu du sujet :
Les dates de vendanges en France sont consignées dans des
registres municipaux depuis plusieurs siècles. Plusieurs auteurs
ont montré que ces enregistrements historiques possèdent
une information climatique pertinente pour les périodes
pré-instrumentales. En particulier, ces données ont
permis de reconstruire des températures en Bourgogne depuis la
fin du 14ème siècle. Le LSCE, en collaboration avec E. Le
Roy Ladurie, a compilé un ensemble de séries dans les
régions viticoles de France. Nous proposons d’effectuer
plusieurs tests statistiques pour comparer ces jeux de données
entre eux et à des données de cernes d’arbres ou
d’observations météorologiques anciennes, afin
d’évaluer les contrastes climatiques régionaux en France
au cours des derniers siècles.
Travail à
effectuer par le stagiaire :
Le stagiaire devra se familiariser avec la littérature sur les
reconstructions climatiques « multi-proxy » et sur la
manière dont on peut calculer des températures à
partir de dates de vendanges. Il effectuera des comparaisons
statistiques entre les dates de vendanges régionales et d’autres
indicateurs historiques (cernes d’arbres, sédiments…) au cours
des derniers siècles.
Niveau du stage :
Master 2°année
Date de début
souhaitée :
Dès que possible
Durée
souhaitée :
au moins 3 mois.
Contact
Pascal Yiou
Propositions de
Stages de l'équipe "Modélisation du Climat"
Changement climatique
et mousson: analyses des relations entre le cycle saisonnier et la
variabilité interannuelle
Responsable du stage: Pascale Braconnot
Collaborateurs : O. Marti
Laboratoire d'accueil : Laboratoire des sciences du climat et de
l'Environnement, Orme des Merisiers, 91191 Gif sur Yvette cedex
Tel : 01 69 08 77 21 secrétariat : 01 69 08 77 11
Email : pascale.braconnot@cea.fr
Sujet:
Le phénomène de mousson est la manifestation de
l'alternance saisonnière du différentiel de pression
entre l'océan et le continent résultant de la
réponse du système climatique à la
répartition latitudinale de l'énergie solaire au sommet
de l'atmosphère en fonction des saisons. Il présente de
larges fluctuations interannuelles, qui résultent des
interactions complexes entre les différents
éléments du système climatique. Cette
variabilité est en partie contrôlée par les
variations des conditions océaniques et du fort couplage entre
l'océan et l'atmosphère dans les régions
équatoriales. Le système de mousson paraît aussi
particulièrement vulnérable au changement climatique en
cours sous l'impact de l'activité humaine. Le changement de
climat risque de se manifester non seulement par un changement des
caractéristiques moyennes de la mousson, mais aussi par un
changement de variabilité ou de fréquence
d'évènement extrêmes, se traduisant suivant les
régions pas une augmentation des inondations ou des
périodes de sécheresse intense.
Les scénarios climatiques réalisés avec les
modèles tri-dimensionnels de climat sont le seul moyen pour
déterminer l'évolution future de la mousson. Cependant,
les modèles actuels ne représentent pas toutes les
facettes du climat et des variations interanuelles de façon
réaliste. Les estimations de changements hydrologiques (nuages,
pluies) dans les régions équatoriales varient fortement
d'un modèle à l'autre. Dans ce contexte, les variations
passées de la mousson peuvent nous renseigner sur les principaux
mécanismes reliant la variabilité interannuelle de la
mousson et les caractéristiques du cycle saisonnier moyen,
même si le forçage à l'origine du changement de
mousson est différent du forçage anthropique. De plus,
les données disponibles donnent le moyen d'évaluer si les
modèles sont capables de représenter les principales
caractéristiques de ces changements de climat.
Au cours du stage, nous proposons d'analyser et de comparer les
caractéristiques de la mousson d'il y a 9000 ans, au
début, de l'Holocène, avec celles du climat de
l'Holocène moyen, il y a 6000 ans. Ces deux périodes sont
caractérisées par une augmentation de l'amplitude du
cycle saisonnier de l'énergie solaire au sommet de
l'atmosphère dans l'hémisphère nord. Ces
modifications proviennent des faibles variations des paramètres
orbitaux caractérisant l'orbite terrestre autour du soleil.
Elles se traduisent par un renforcement des gradients entre la terre et
l'océan et l'augmentation du flux de mousson entre les deux. Au
début de l'Holocène, la perturbation radiative est plus
importante (7% contre 5%). Les modifications des
caractéristiques du cycle saisonnier sont différentes
pour ces deux périodes, car le maximum de différence
d'insolation intervient avec environ un mois de retard. Au début
de l'holocène la perturbation solaire est maximale au solstice
d'été, alors qu'à l'Holocène moyen elle est
maximale en août. L'objectif sera de déterminer comment le
changement de cycle saisonnier moyen et le changement de
variabilité affectent les caractéristiques des moussons
indienne et du sud-est Asiatique. Ces analyses porteront sur les
résultats de simulations couplées
océan-atmosphère réalisées avec le
modèle couplé de l'institut Pierre Simon Laplace.
Les différentes étapes du travail consisteront à :
1. Evaluer par rapport aux données actuelles les
caractéristiques de la mousson pour les régions clefs (ou
sous-systèmes de la mousson afro-asiatique) : l'inde, l'Asie du
sud-ouest. L'accent sera porté sur la longueur et l'amplitude
moyenne de la période de mousson, la caractérisation des
phases actives de la mousson et la variabilité interannuelle de
ces paramètres pour chaque région. La comparaison de
simulations réalisées avec le modèle de l'IPSL,
incluant une modification des flux de surface ou une
paramétrisation différente de la convection
atmosphérique, seront utilisées pour tester la
sensibilité des modèles aux paramétrisations sous
maille.
2. Analyser comment les caractéristiques
précédentes sont affectées par la réponse
du climat au changement d'insolation. Il s'agira de déterminer
en particulier si certaines régions sont plus affectées
par le changement de cycle saisonnier moyen ou de variabilité
interannuelle.
3. Evaluer les changements simulés par rapport aux
paléo-données disponibles, en s'attachant dans un premier
temps aux caractéristiques du cycle saisonnier moyen.
4. Relier les changements simulés et les différences
entre les modèles aux caractéristiques de grande
échelle du climat, incluant les cellules de Hadley, les cellules
de Walker et les propriétés radiatives des nuages.
Suivant l'avancée des analyses il sera aussi envisager de relier
les fluctuations interannuelles aux modifications de la circulation
océanique et aux modes de variabilités de la circulation
tropicale.
Analyse des
instabilités climatiques observées dans
l’hémisphère Sud à l’aide d’un modèle
couplé climat-calottes polaires
Responsable de Stage : Sylvie Charbit
Tél : 01 69 08 30 85. Fax : 0. 69
08 77 16
Email : sylvie.charbit@cea.fr
Laboratoire proposant : Laboratoire des Sciences du Climat et de
l’Environnement
Orme des Merisiers. Centre d’Etudes de Saclay.
91191 Gif-sur-Yvette Cedex.
Sujet
Au cours des derniers cycles glaciaires–interglaciaires, les calottes
polaires ont joué un rôle clé dans le
système climatique, en particulier lors des
événements rapides observés dans les
enregistrements des forages glaciaires ou lors de la dernière
déglaciation. Dans le contexte du réchauffement
climatique, une situation similaire pourrait se reproduire avec les
calottes polaires actuelles. Pour étudier l’impact de la fonte
éventuelle du Groenland et de l’Antarctique sur le climat, nous
avons élaboré au Laboratoire des sciences du climat et de
l’environnement, une procédure de couplage entre le
modèle de climat de complexité intermédiaire
CLIMBER (atmosphère-océan-végétation) et
deux modèles de glace tri-dimensionnels qui décrivent
chacun l’évolution de la géométrie des calottes
polaires dans l’hémisphère Nord (GREMLINS) et
l’hémisphère Sud (GRISLI). Ce modèle a
déjà été testé pour les
périodes de la dernière entrée en glaciation et la
dernière déglaciation.
Par ailleurs, des simulations préliminaires couvrant les 5000
prochaines années ont été effectuées avec
ce nouvel outil pour étudier la réponse des calottes
polaires actuelles au réchauffement climatique. Ces simulations
mettent en évidence une différence nette dans
l’évolution de certains paramètres climatiques (notamment
dans l’hémisphère Sud), selon que l’on tient compte ou
non de l’influence de la dynamique du Groenland. En particulier des
instabilités sont observées dans les signaux de
température mais aussi dans ceux liés à
l’intensité de la circulation des eaux de fond antarctiques.
Au cours de ce stage, l’étudiant(e) devra analyser les
mécanismes à l’origine de ces instabilités
climatiques. Il s’agira en particulier, dans un scénario de
climat futur, d’étudier les interactions entre le climat et
chacune des calottes (Groenland et Antarctique), puis de comprendre les
spécificités des réponses de
l’hémisphère Nord et de l’hémisphère Sud.
Cette étude pourra ensuite être étendue à
différents scénarios d’évolution de gaz à
effet de serre.
Ce travail pourra déboucher sur une thèse
Rémunération selon règles en vigueur au LSCE
L'évolution du
cycle du carbone au cours du Quaternaire
encadrant = Didier Paillard (didier.paillard@cea.fr)
co-encadrant = Laurent Bopp (laurent.bopp@cea.fr)
Sujet
Lors du dernier million d'années, la planète Terre a
subit des changements climatiques cycliques très importants
connus sous le nom de cycles glaciaires-interglaciaires. Ces cycles
sont accompagnés de profonds changements dans le cycle du
carbone. Ainsi, les carottes de glace prélevées en
Antarctique ont permis de déterminer que la concentration
atmosphérique en CO2 a varié entre 180 ppm lors des
périodes les plus englacées, et 280 ppm lors des phases
interglaciaires. Jusqu'à présent, si de nombreuses
hypothèses ont été avancées pour expliquer
ce couplage entre le climat et le cycle du carbone, aucune
théorie pleinement satisfaisante n'a pu être
formulée. Néanmoins, une nouvelle vision de la
circulation profonde en période glaciaire pourrait apporter un
éclairage inédit sur ce problème: les eaux
océaniques de fond pourraient avoir été beaucoup
plus salées, et donc plus denses, que ce qui était
envisagé auparavant. Ainsi, un modèle conceptuel
basé sur cette hypothèse (Paillard et Parrenin, 2004)
permet de reproduire de façon assez satisfaisante
l'évolution temporelle du climat et du CO2 atmosphérique
sur le Quaternaire. Le but de cette thèse sera d'examiner,
à l'aide des outils de modélisation disponibles au LSCE
(IPSL-ORCA-PISCES (3D); Climber-carbone (2D); modèles en
boîtes (0D)), comment un tel scénario peut se comparer aux
observations paléoclimatiques actuellement disponibles, comme
certes le CO2 atmosphérique mesuré dans les carottes
antarctiques, mais surtout la composition isotopique en 13C dans
l'océan et dans l'atmosphère et des indicateurs de
dissolution des carbonates dans l'océan. Le travail portera
donc, dans un premier temps sur la compréhension des
données disponibles, puis sur la définition d'une
stratégie de modélisation (outils 3D, 2D ou 0D) pour
répondre au mieux à ce problème.
0D : Les modèles en boîtes sont depuis longtemps un outil
de prédilection des géochimistes pour analyser les
tranferts des éléments (carbone, alcalinité,
isotopes) dans les différents réservoirs
océaniques. Ils permettent de formuler des
hypothèses et d'examiner rapidement les ordres de grandeur
associés. Cet outil ne peut cependant pas reproduire la
dynamique de l'océan. C'est pourquoi des modèles 2D et 3D
sont nécessaires.
2D : Le doctorant utilisera le modèle Climber-Carbone dans
diverses configurations de l'océan pertinentes pour le dernier
maximum glaciaire, afin d'en étudier les implications en terme
de carbone, d'alcalinité et de carbone 13. La comparaison aux
données paléocéanographiques disponibles au LSCE
permettra alors de sélectionner certaines hypothèses qui
pourront éventuellement être approfondies avec le
modèle tri-dimensionel.
3D : Concernant la modélisation 3D, le doctorant pourra dans un
premier temps s’appuyer sur les simulations glaciaires
réalisées avec le modèle couplé de l’IPSL.
Dans un deuxième temps, de nouvelles simulations couplées
océan-atmosphère ou océan seul pourront être
réalisées et utilisées pour parvenir à
explorer toute la sensibilité du cycle du carbone
océanique à la circulation de l’océan austral.
D’autres effets biogéochimiques (fertilisation par le fer
atmosphérique, modification des apports fluviaux, …) pourront
également être explorés. Pour la
modélisation 3D, une partie importante du travail de
thèse sera consacrée à la comparaison des sorties
de modèles aux données disponibles.
La rétroaction
entre l'érosion continentale et le cycle du carbone lors du
dernier et du prochain million d'années
encadrant: Didier Paillard (didier.paillard@cea.fr)
co-encadrant: Yannick Donnadieu (Yannick.Donnadieu@cea.fr)
Sujet
Aux échelles de temps de plusieurs centaines de milliers
d'années, ou de millions d'années, il est admis que le
climat est régulé par le cycle du carbone, via
l'érosion des roches silicatées continentales. En effet,
une augmentation globale des températures favorise a priori une
augmentation de l'érosion, et par conséquent une
diminution du CO2 atmosphérique, ce qui constitue là sans
doute le principal "thermostat" de la Planète, appelé
parfois "rétroaction de Walker". Néanmoins, étant
donné les difficultés pour simuler l'évolution
à très long terme du climat et ses conséquences
sur l'érosion, peu de travaux ont été conduits
pour mieux comprendre cette interaction sur le dernier et sur le
prochain million d'années. En particulier, ce mécanisme
va alors potentiellement interagir avec les cycles
glaciaires-interglaciaires qui dominent la variabilité
climatique du Quaternaire. Il s'agit pourtant bien là du seul
mécanisme qui permettra, au final, d'absorber la perturbation
anthropique actuelle, et de rétablir un climat "naturel"
après quelques centaines de milliers d'années. L'objet de
ce stage sera d'examiner cette rétroaction à l'aide
de modèles en boîtes (0D) et du modèle
couplé climat-carbone GEOCLIM (2D) lors des cycles du
Quaternaire.
Ce stage pourra être poursuivi par une thèse (sous
réserve de financement).