
Programme non thématique 2005
APPEL A PROJETS DE RECHERCHE
ATTENTION :
Cette partie (I) sera à saisir directement sur le site de soumission
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Titre du
projet (maximum
120 caractères ) |
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Observations PHEnologiques pour reconstruire le cLImat de l’Europe |
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Acronyme ou titre
court (12
caractères) OPHELIE |
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Mots-clés (la liste des mots-clés sera
donnée sur le logiciel de soumission) |
Phénologie,
climat, histoire
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Coordinateur
du projet ( Partenaire 1)
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Civilité |
Prénom |
Laboratoire
(nom complet) |
Type
(établissement public, fondation, association, entreprise) |
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M |
YIOU |
Pascal |
Laboratoire
des Sciences du Climat et de l’Environnement |
Etablissement
public |
Autres
partenaires[1]
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Civilité |
Prénom |
Laboratoire
(nom complet) |
Type
(établissement public, fondation, association, entreprise) |
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M |
VIOVY |
Nicolas |
Laboratoire
des Sciences du Climat et de l’Environnement |
Etablissement
public |
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Mme |
DAUX |
Valérie |
Laboratoire
des Sciences du Climat et de l’Environnement |
Etablissement
public |
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Melle |
CHUINE |
Isabelle |
Centre
d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive |
Etablissement
public |
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M |
SEGUIN |
Bernard |
Unité
Agroclim, INRA |
Etablissement
public |
Nombre de personnes
impliquées dans ce projet (en équivalent temps plein : ETP) :
Chercheurs
et enseignants-chercheurs permanents 5
(ETP = 120%)______
Durée
du projet :
□ 24 mois x 36 mois
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Résumé du
projet
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Pour comprendre les mécanismes de la
variabilité naturelle du climat autour du bassin nord Atlantique et
replacer le réchauffement observé dans un contexte plus large, il est
essentiel d’acquérir des séries longues de données climatiques
précédant l’ère industrielle. En l’absence d’observations
météorologiques avant le 17ème siècle, on a recours à des
indicateurs indirects des variations climatiques, comme les archives
isotopiques, historiques ou biologiques. Ce projet a pour but d’effectuer des
reconstructions climatiques en Europe à partir d’observations phénologiques faites au cours de l’histoire. Ces
observations comprennent les dates de vendanges, dates de floraison
d’arbres fruitiers et dates de moissons. Dans une étude de faisabilité (Chuine et al. 2004), nous avons conçu un modèle
de croissance de la vigne, que nous avons calibré sur le pinot noir et
des observations météorologiques. Nous avons montré qu’il était
possible de reconstruire avec précision la température de la saison
chaude en Bourgogne, depuis 1370, à partir des dates de vendanges
rassemblées par E. Le Roy Ladurie. Nous proposons d’étendre
cette méthodologie à d’autres enregistrements historiques en France
(Alsace, Provence, Bordelais…) et en Europe (Italie, Espagne,
République Tchèque…) pour obtenir des reconstructions régionales du
climat depuis le Moyen Age. Nous étudierons les relations éventuelles
entre la phénologie d’autres plantes (arbres fruitiers, céréales) et
les fluctuations climatiques. Cette base de données « phénoclimatiques » sera comparée aux bases
de données dendrochronologiques sur le
dernier millénaire. |
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Abstract
(Not exceed 3000 car.) (objectives,
expected results, methodology) |
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To understand
the mechanisms of climate natural variability around the north Atlantic
and to replace the observed climate warming in a broader context, it is
essential to acquire long series of climatic data preceding the
industrial era. In the absence
of meteorological observations before the 17th century, indirect
indicators of climatic variations, as the isotopic, historical or
biological records have been developed. The purpose of
this project is to carry out climatic reconstructions in Europe built
from phenologic observations during the
past centuries. These observations include
grape harvest dates, fruit trees flowering dates and wheat harvest
dates. In a pilot study
(Chuine et al. 2004), we designed a model
of vine growth, which we calibrated on the pinot noir variety and
meteorological observations. We showed
that it was possible to reconstruct with precision the temperature of
the warm season in Burgundy, since 1370, using the grape harvest dates
gathered by E Roy Ladurie.
We propose to
extend this methodology to other historical records in France (Alsace, Provence, Bordelais...)
and in Europe (Italy, Spain, Czech Républic…)
to obtain regional reconstructions of climate variations since the
Middle Ages. We will study
the possible relations between the phenology
of other plants (fruit trees, cereals) and the climatic fluctuations. This “phenoclimatic”
data base will be compared with the dendrochronologic
data bases over the last millennium. |
Programme non
thématique
2005
B
- Description du projet
|
Acronyme ou
titre court du projet : OPHELIE |
B-1 –
Objectifs et contexte :
La phénologie est l’étude des variations des phénomènes périodiques en relation avec les variations climatiques[ci1]. La phénologie est un marqueur du climat mais aussi un élément clé de l’adaptation des êtres vivants aux variations climatiques. Dans le contexte actuel de changement climatique, ce caractère adaptatif revêt donc une importance croissante dans de nombreux domaines de recherche fondamentale et appliquée. Nous allons explorer comment l’information sur la phénologie peut être appliquée à la compréhension des variations du climat passé.
Pour comprendre les mécanismes de la variabilité
naturelle du
climat autour du bassin nord Atlantique et replacer le réchauffement
observé
dans un contexte plus large, il est essentiel d’acquérir des séries
longues de
données climatiques précédant l’ère industrielle. Les observations
météorologiques du 20ème siècle en Europe ont montré la grande
disparité
géographique de l’intensité du réchauffement climatique. Cette
disparité
géographique montre que les régions d’Europe ne se sont pas réchauffées
pas au
même rythme au cours des dernières décennies (Luterbacher
et al. 2004). Plus précisément, des événements chauds, comme la
canicule de
2003, ou pluvieux comme les inondations de 2002 en Europe centrale ont
été
localisés à quelques pays d’Europe et ont eu peu d’impact climatique
global,
même si les répercussions humaines et économiques ont été importantes.
Le
programme international Climate Variability
and Predictability
(CLIVAR)
plaide donc pour l’obtention de reconstructions régionales du climat,
afin de
mieux capter l’essence de sa variabilité.
La période instrumentale moderne débute au milieu du
19ème
siècle avec l’organisation de services d’observations nationaux et
internationaux. Les instruments météorologiques de base (thermomètre et
baromètre) ont été inventés au milieu du 17ème siècle (Galilée pour le
thermomètre, Torricelli pour le baromètre). Ceci implique qu’il n’y a
pas
d’observations directes du climat datant d’avant cette période.
Les développements de la dendroclimatologie
permettent de
couvrir le dernier millénaire avec des chronologies très précises, mais
une
part de l’information climatique ainsi reconstruite peut être biaisée
par des
effets de croissance des arbres. Ceci nécessite d’effectuer des
corrections ad
hoc (von Storch
et al.
2004, Möberg et al., 2005) pour capter la
variabilité
multi-centenaire de la température. Les
mesures de
géochimie isotopique dans des sédiments lacustres (von
Grafenstein et al., 1998) ou des coraux
(Frank et
al., 2004) permettent de remonter à la précipitation ou bien la
circulation
océanique avec des résolutions pluri-annuelles.
En
appliquant ces techniques isotopiques à la cellulose des cernes
d’arbres on a
obtenu des indices de stress hydrique et donc de périodes sèches et
chaudes (Masson-Delmotte et al., 2005)
depuis le Petit Age de Glace.
Une des difficultés dans l’utilisation de ces indices physiques ou
géochimiques
pour reconstruire les climats passés est la quantification de leur
réponse aux
changements environnementaux (température, précipitation,
ensoleillement…). Il
est alors indispensable de les comparer à des données indépendantes qui
permettent d’effectuer des vérifications et des validations. De plus,
ces
données sont nécessairement très éparses : il est donc fondamental
d’obtenir d’autres sources de données afin de mieux résoudre les
différences
régionales.
Parallèlement aux enregistrements « expérimentaux »,
il est
possible d’exploiter les descriptions météorologiques et glaciologiques
(à
partir de l’étendue des glaciers alpins) effectuées par les érudits
dans leurs
chroniques. L’historien C. Pfister, de
l’Université
de Berne, a mis au points plusieurs techniques pour transformer ces
descriptions en information semi-quantitative
sur la
température ou la précipitation depuis le Moyen Âge, en extrayant la
partie la
plus objective de ces chroniques (Pfister
2001). En
s’inspirant des travaux d’Angot (1883), E.
Le Roy Ladurie (1983) a reconstitué des
séries de dates de
vendange dans plusieurs régions françaises. La date de vendange peut
être
considérée comme un indicateur de la température de la saison chaude :
quand il
fait chaud, elle est précoce, et quand il fait froid, elle est tardive.
Grâce à
cette relation, on peut comprendre de manière qualitative la séquence
des
crises socio-économiques qui ont frappé la France entre le Moyen Age et
le
19ème siècle, qui marque la fin du Petit Age de Glace (Le Roy Ladurie 2004). Une des propriétés des dates de
vendanges est
que cette date est établie par décret en France depuis le Moyen Age (Kigel et Galili,
1995), et que
ces décrets ont été consignés dans des archives paroissiales et
municipales. Si
les dates de vendanges représentent les séries les plus longues et les
plus
complètes, il est à noter que d’autres indicateurs phénologiques
comme les dates de moissons ou de floraisons d’arbres fruitiers
existent également
depuis le Moyen Age.
La date de vendange du pinot noir est très fortement corrélée à la date de floraison et à la date de véraison (moment où les grains virent de couleur), le délai entre véraison et vendange étant sensiblement constant d’une année à l’autre. Ceci signifie que ce sont essentiellement les conditions climatiques du printemps (qui déterminent la date de floraison), et de l’été (qui déterminent la date de véraison) qui vont déterminer les dates de vendange. Nous avons mis au point un modèle de phénologie de la vigne (calé sur ce cépage à partir des données de l’INRA de Colmar) qui permet de déterminer la date de véraison en fonction de la température moyenne estivale (avril-août). L’inversion de ce modèle (Chuine et al. 2004) a permis de reconstruire les températures de la saison chaude (printemps-été) depuis 1370 en Bourgogne, à partir d’une série de dates de vendange obtenue à partir des données de Le Roy Ladurie (1983). Nous avons en particulier montré que l’été 2003 a été de loin le plus chaud observé en Bourgogne depuis 1370, avec une anomalie supérieure à 5°C. Nous avons donc conclu que les dates de vendange peuvent être un bon indicateur des fluctuations naturelles du climat ainsi que du changement climatique pourvu qu’il soit possible de contrôler les informations biologiques de la vigne (par exemple le type de cépage) et d’identifier le poids des contraintes historiques et économiques (par exemple, guerres, maladies, pratiques et politiques viticoles). Un des intérêts majeurs de l’utilisation d’un modèle de processus phénologiques, par rapport à l’utilisation de simples relations statistiques, est une plus grande robustesse pour l’extrapolation des résultats en dehors de la période de calibration.
L’objectif central de l’étude proposée ici est de
généraliser
ce type d’approche à différentes régions de France et d’Europe et de
l’étendre
à d’autres indicateurs phénologiques que
les dates de
vendanges. Le développement de la « climatologie historique » en est
toujours à
ses balbutiements en France, malgré les travaux pionniers de Le Roy Ladurie, dont se sont inspirés les groupes
européens : Angleterre
(P. Jones), Suisse (C. Pfister), Pays Bas
(van Engelen), Allemagne (R. Glaser),
République Tchèque (R. Brazdil), Espagne
(M. Barriendos),
Italie (D. Canuffo). En nous servant de
l’expertise
d’historiens européens (dont Le Roy Ladurie),
nous
envisageons une exploitation systématique des archives historiques phénologiques en France. Cette approche de
modélisation de
la phénologie sera étendue à d’autres types de plantes que la vigne. Il
existe
plusieurs archives de dates de floraison d’arbres fruitiers, dates de
glandaies
et de dates de moissons, dont la dépendance au climat peut être
établie.
L’originalité du projet, par rapport aux approches heuristiques traditionnelles, consiste à généraliser la modélisation phénologique de la vigne à d’autres régions de France et d’Europe, et d’autres types de plantes que la vigne. A l’instar des grandes équipes de paléoclimatologie, un des défis scientifiques est la mise à disposition de données climatiques de qualité afin de tester de manière précise le caractère exceptionnel du climat des 50 dernières années. En nous appuyant sur le réseau national d’information phénologique (projet de GDR « Système d’Information Phénologique pour l’Etude et la Gestion des Changements Climatiques »), nous constituerons donc une base de données phénologiques, de reconstructions climatiques et des incertitudes associées, qui sera ouverte à la communauté scientifique. L’intérêt de cette base de données sera multiple :
1.
Elle permettra de
compléter les
séries existantes par une méthodologie totalement indépendante.
2.
Par sa
représentation très locale,
elle permettra d’obtenir des informations sur le climat de régions où
il
n’existe à l’heure actuelle aucun autre indicateur géochimique ou dendrochronologique.
3.
Suivant le type
d’indicateur phénologique
utilisé, on espère obtenir des informations climatiques pour plusieurs
saisons
distinctes.
Il existe dans le monde quelques séries d’observations phénologiques remarquables soit par leur longueur, soit par leur qualité. Ces séries sont soit l’œuvre de l’histoire et de la culture d’un pays comme par exemple la série des dates de vendange de Bourgogne (1370 à l’actuel) ou la série des dates de floraison du prunus à Kyoto au Japon (9ème siècle à l’actuel) ; soit l’œuvre de naturalistes du 18ème et 19ème siècle telle la série de Thomas Mikesell en Ohio (1883-1912) ou la série de la famille Marsham en Angleterre (1736-1925). Mais il existe beaucoup d’autres séries d’observations qui ont été l’initiative d’organismes nationaux, en général les instituts Météorologiques ou les instituts agronomiques. Si l’on se limite à l’Europe, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, l’Espagne, l’Angleterre, l’Irlande, le Danemark, la Slovénie, la Roumanie, la Grèce, la Norvège, la Suède, la Pologne, la Finlande, les Pays Bas, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie réalisent des observations phénologiques depuis plusieurs décennies. L’Allemagne a elle seule possède 6423 stations d’observations phénologiques gérées depuis 1951 par l’institut météorologique allemand. La France connaît dans ce domaine un certain retard que ce projet a pour but, entre autres choses, de combler.
Dans le contexte du
changement climatique l’étude de la phénologie a connu ces dernières
années un
regain d’intérêt très important qui s’est traduit par de nombreux
programmes de
recherche Européens (POSITIVE, EPN) et nationaux et plus récemment de
l’action
COST 725 (Establishing a European Phenological
Data Platform for Climatological
Applications, http://topshare.wur.nl/cost725)
dont BS et IC sont les correspondants français, qui a pour but la
création
d’une base de données et d’un réseau d’observation à l’échelle
européenne par
homogénéisation des bases de données nationales et des réseaux
nationaux
d’observations.
Le projet OPHELIE comprendra trois volets principaux :
1. Le recensement et la digitalisation des observations phénologiques en France et en Europe. Une attention particulière sera portée aux méta informations (types de variété ou cépages dans le cas de la vigne, contexte économique, etc.).
2. Le reconstitution des variables climatiques (température, précipitation) compatibles avec les informations phénologiques, à partir de modèles de phénologie.
3. La comparaison aux autres types de données ou simulations numériques par des analyses statistiques ad hoc.
Ce projet s’appuie sur les expertises des participants dans les domaines de la phénologie (IC), l’agronomie (BS), le climat (PY, NV, VD), les statistiques (PY) et les données historiques (VD). Nos études de faisabilité (Souriau et Yiou, 2001 ; Chuine et al., 2004) ont montré le potentiel des observations de phénologie de la vigne à reconstruire le climat de manière quantitative. Grâce à cette expérience concluante, nous étendrons cette approche à d’autres régions européennes pour lesquelles les archives phénologiques sont disponibles, ainsi qu’à d’autres types de plantes.
Le plan d’étude sera réparti sur trois ans, au cours desquels les trois volets principaux seront menés en parallèle, et en échangeant des informations. Les tâches accomplies seront basées sur les expertises complémentaires des trois partenaires (LSCE, CEFE, INRA). Les postdoc et CDD recrutés par le LSCE devront interagir avec le CEFE (modélisation phénologique) et l’INRA (bases de données).
Le premier objectif est un recensement des données phénologiques disponibles en France et en
Europe, en
particulier autour de la vigne : dates de vendanges, véraison,
floraison,
types de cépages, etc. Ces données concerneront des périodes passées
pour
lesquelles des reconstitutions de climat seront faites mais également
des
périodes récentes pour lesquelles les données météorologiques existent
et qui
serviront à mettre au point les modèles phénologiques
qui seront inversés pour faire les reconstructions. Nous partirons de
bases de
données déjà connues mais qui nécessitent d’être rassemblées, évaluées
et
digitalisées.
Les viticulteurs d’Alsace possèdent des bases de données détaillées (évoquées par Le Roy Ladurie, 1983), comprenant dates de vendanges et étapes de mûrissement des fruits. Certaines de ces séries ont été digitalisées et peuvent être utilisées. L’obtention d’une série alsacienne permettra d’estimer un gradient de température entre Rhin et Bourgogne, sur plusieurs siècles. Nous envisageons, en particulier, d’exploiter les « Chroniques » de C. Müller qui a réalisé une compilation précise et détaillée des dates de vendanges depuis le 15ème siècle (indication des cépages, des producteurs, etc.). Cette base de données couvre l’essentiel du vignoble alsacien. Il faudra également évaluer la possibilité d’exploiter les séries de dates de vendange des vignobles méditerranéens également établies par Le Roy Ladurie (1983) depuis 1330, et explorer les séries plus courtes existantes telles que celles présentées par Nicolas (2003) pour les vignobles de Savoie au 18ème siècle.
Nous avons accès à plusieurs séries de dates de vendanges d’Angot, couvrant tous les départements français. Nous nous focaliserons en particulier sur l’Alsace, la Provence, l’Ile de France et les Pays de la Loire. Nous rechercherons les cépages utilisés dans ces régions, à travers les archives des chambres de commerce et les travaux d’historiens. Cette étape demandera le recrutement d’une personne en CDD qui effectuera les démarches auprès des viticulteurs ou historiens pour obtenir les données nécessaires. Lors de cette étape, nous évaluerons la pertinence des données recueillies en les comparant, si possible, aux observations instrumentales ou expérimentales. Ce travail sera facilité par l’existence du catalogue d’Angot de séries phénologiques. A travers nos collaborations avec des collègues européens (République Tchèque, Italie, Espagne), nous obtiendrons des séries de phénologie de vigne en Europe que nous digitaliserons et documenterons si nécessaire, avec l’aide des experts locaux.
Les dérives calendaires (passage du calendrier julien au calendrier grégorien en octobre 1582) seront prises en compte dans les données de dates de vendanges. De plus, certaines années, il faudra incorporer que les dates de vendanges sont fixées par décision politique (Pichard, 1999) — bien que ces décisions aient dû être compatibles avec les contingences climatiques —, ce qui peut biaiser des interprétations.
Le projet contribuera ainsi au projet de GDR SIP-GECC dont le but est de créer et maintenir
une base de
données phénologiques pour l’étude et la
gestion des
changements climatiques.
Dès que nous aurons obtenu des séries phénologiques
actuelles et passées sur la vigne ou autres plantes telles que les
fruitiers ou
le cultures, le recrutement d’un postdoctorant
permettra de mettre au point un modèle phénologique
pour l’événement phénologique utilisé
(vendange,
floraison, etc.) et de reconstruire des séries de températures par
inversion de
ce modèle Chuine et al. (2004). Ces
reconstructions
seront basées sur une calibration du modèle sur la période présente,
pour
laquelle toutes les données climatiques et phénologiques
sont disponibles. En effet des bases de données détaillées pour les
cinquante
dernières années et pour les différents stades phénologiques
existent, notamment à l’INRA. Nous vérifierons la qualité des
reconstructions
sur la période instrumentale (par exemple le 20ème siècle),
avant de
les étendre sur plusieurs siècles. En parallèle, et de façon plus
exploratoire,
on recherchera quels autres types de séries sont disponibles
(fruitiers,
cultures) et comment définir un modèle phénologique
approprié.
Les observations de dates de vendanges contiennent principalement une information climatique sur la saison chaude. Lorsqu’elles existent, les observations sur les dates de floraison d’arbres fruitiers peuvent renseigner sur les températures de la saison froide (hiver et printemps). Il faut noter que la plupart des indicateurs biologiques utilisés pour reconstruire le climat ne sont sensibles qu’à la saison chaude. Or, le réchauffement climatique récent n’a pas la même amplitude en été qu’en hiver, et il est essentiel de connaître aussi l’évolution des températures de la saison froide sur une longue période de temps. Nous quantifierons la relation entre les conditions climatiques d’hiver qui déterminent la levée de dormance des arbres, puis celles de début de printemps qui conditionnent ensuite les dates de débourrement ou de floraison.
Nous exploiterons les catalogues de Météo France, obtenus par Angot (1883), qui contiennent les résultats d’un grand programme d’observation de ces événements dans l’ensemble de ses stations météorologiques. Ainsi, étaient observées chaque année la feuillaison, la floraison, la maturation et la coloration des feuilles de dizaines de taxons, ainsi que l’apparition d’oiseaux migrateurs ou autres animaux. Ces observations ont perduré jusqu’en 1950 dans tous les départements. Seuls quelques départements les ont poursuivies jusque dans les années 1970. Un seul département les a poursuivies jusqu’à aujourd’hui. Ces observations avaient pour but d’utiliser la phénologie comme marqueur des conditions météorologiques en vue d’applications pour la recherche météorologique. Parallèlement à ces observations, le service des forêts a également réalisé les mêmes observations sur des placettes forestières entre 1880 et 1932. A la même époque d’autres observations étaient réalisées dans des jardins botaniques, le jardin de St Maur (1875 à 1947), les jardins de Versailles, ou dans des arboretums, tel l’arboretum des Barres.
Hormis les séries phénologiques, des données sur la qualité du vin couvrent plusieurs siècles en France. Bien que le goût soit une donnée très subjective qui a évolué au travers de l’histoire, la qualité du vin peut être évaluée par la quantité d’alcool du breuvage et ses propriétés de garde. La qualité du vin, a priori, est très sensible aux pratiques viticoles, si bien que les fluctuations interannuelles de cette qualité sont beaucoup plus faibles de nos jours qu’au 19ème siècle, ce qui s’explique par une amélioration de la vinification et une rationalisation des pratiques. Cependant, le signal « secondaire » contient tout de même une information climatique qui intègre les précipitations et la température (liée à l’ensoleillement). Les historiens affirment qu’une succession d’étés très chauds du milieu du 16ème siècle a conduit à la fabrication d’un vin quasi liquoreux autour de Würzburg (Allemagne). Nous tenterons de quantifier la relation entre le climat et les variations de la qualité du vin, en nous focalisant sur des périodes clés, où il est assuré que les pratiques restent stables.[ci2] Ce volet est très prospectif, et nous l’aborderons par une étude de faisabilité avec les données de qualité du vin qui sont disponibles, et les séries météorologiques de température et précipitation.
Nous porterons une attention particulière à l’obtention d’intervalles de confiances dans les reconstructions, à l’instar de Luterbacher et al. (2004) ou Chuine et al. (2004). Nous effectuerons des détections statistiques de ruptures dans ces séries, grâce aux techniques développées à Météo France (Caussinus et Mestre, 2004) pour homogénéiser les données météorologiques. Cette étude permettra de s’assurer de la continuité des pratiques agricoles et de l’effet éventuel de maladies des plantes, comme le phylloxéra au 19ème siècle. Cette analyse statistique sera confrontée à l’expertise des historiens.
Nous continuerons les reconstitutions climatiques à partir des nouvelles séries que nous aurons reconstituées et des modèles phénologiques associés. Au fur et à mesure de l’obtention de reconstructions climatiques, nous comparerons les séries aux données météorologiques observées et aux séries expérimentales existantes, pour évaluer leur cohérence régionale. Nous disposons des données météorologiques du projet européen EMULATE qui couvrent l’Europe à une résolution quotidienne depuis 1850[ci3]. Une comparaison à ces données, en particulier aux extrêmes de températures, permettra de retracer la circulation atmosphérique sur une période pré-instrumentale, grâce aux techniques statistiques développées au LSCE (Yiou et Nogaj, 2004).
La série de Bourgogne que nous avons calculée (Chuine et al. 2004) présentait de remarquables corrélations avec les données[ci4] de température de Dijon, Beaune et même Paris, sur les deux derniers siècles. Cependant, nous avons remarqué des évolutions du gradient de température avec l’Angleterre pendant le Petit Age de Glace, qu’il est important d’évaluer et comprendre. Nous nous attacherons à déterminer les propriétés statistiques des champs climatiques ainsi reconstruits, afin de mieux comprendre la variabilité du climat depuis le Moyen Age.
Le LSCE envisage d’effectuer plusieurs simulations du modèle de l’IPSL, couvrant la période de l’Optimum Médiéval à nos jours, et incluant les forçages solaires, volcaniques et des gaz à effet de serre. En se focalisant sur l’Europe, il sera possible de valider la pertinence de ces simulations en les comparant aux bases de données « phéno-climatiques » et expérimentales.
Ce projet est par essence fortement interdisciplinaire puisqu’il est au carrefour entre la physique, la biologie, l’agronomie et l’histoire. Ce projet a pour ambition de poursuivre l’effort pionner de Le Roy Ladurie (qui est à le retraite mais avec qui nous collaborons étroitement) en combinant nos connaissances en statistique, climatologie et en biologie à l’approche heuristique des historiens. Nous voulons mettre en valeur des relations entre le climat et la société (Pfister, 2001) afin de tirer le meilleur profit des archives historiques pour étudier les variations climatiques. Contrairement à la plupart des reconstructions du climat sur le dernier millénaire, notre approche n’est pas seulement basée sur des régressions statistiques, mais sur une modélisation mécaniste de la réponse des organismes vivants aux variations climatiques, ce qui assure sa robustesse et une meilleure compréhension des phénomènes biologiques en jeu.
Le LSCE (porteur du projet) concentrera ses activités sur l’obtention de données historiques, l’interprétation climatique des observations phénologiques et leur comparaison avec d’autres données instrumentales, expérimentales ou numériques. Il fera le lien avec la communauté des sciences humaines et sociales (SHS) afin d’obtenir ces informations. La force de l’équipe LSCE est de disposer de l’expertise « expérimentale » présente au LSCE pour comparer nos reconstructions avec les mesures effectuées dans les sédiments, cernes d’arbres ou mollusques. Nous disposons aussi d’un modèle numérique du climat (modèle de l’IPSL), qui permettra de comparer les simulations des derniers siècles à plusieurs jeux d’observations. Le CEFE et l’INRA sont moteurs dans la constitution de la base de données phénologiques, indispensable à la réalisation du projet. Le CEFE développera et fournira les modèles de phénologie pour obtenir les informations climatiques. L’INRA dispose de données phénologiques récentes en France et en Europe, qui permettront la calibration des modèles mis au point dans le cadre du projet.
Nous espérons engendrer une synergie entre les communautés des sciences de l’environnement et les sciences humaines et sociales en France pour répondre au défi de la compréhension des variations climatiques passées. Cette collaboration, pratiquement inexistante en France depuis des décennies, est indispensable pour séparer les effets « humains » des effets climatiques dans les observations phénologiques anciennes.
Le projet OPHELIE s’appuiera sur l’expertise de plusieurs projets en cours ou soumis :
· EMULATE : pour la constitution d’une base de données météorologiques quotidiennes en Europe de l’ouest depuis 1850. Nous utiliserons les produits de ce projet, et les développements statistiques qui lui sont liés, en particulier sur les extrêmes climatiques et les régimes de temps. Un postdoc a été recruté dans le cadre de ce projet européen pour travailler sur les données historiques, et les comparaisons entre simulations et observations. 5ème PCRDT. Coord. P Jones (CRU). PI P. Yiou.
· AMPOULE : Approches Multi-Proxy de la variabilité climatique séculaire autour de l’Ouest de L’Europe. Reconstructions des conditions environnementales océaniques et atmosphériques de l’Europe de l’ouest au cours des derniers siècles. Nous utiliserons les séries instrumentales anciennes et les reconstructions dendrochronologiques de ce projet. PNEDC/INSU. Coord. P. Yiou (LSCE).
· CAC1000 : Climat des 1000 dernières années à partir de mesures dendrochronologiques en France. ECLIPSE. Coord. V. Daux (LSCE).
· SIP-GECC : Système d’Information Phénologique pour l’Etude et la Gestion des Changements Climatiques. Coord. I. Chuine (CEFE) et B. Seguin (INRA). En cours d’évaluation.
·
Action COST 725 « Establishing a European Phenological
Data Platform for Climatological
Applications »
· Histoire : E. Le Roy Ladurie (Collège de France, Paris), G. Pichard (Marseille), R. Brazdil (U. Brno), P. Jones (U East Anglia), C. Laj (LSCE), J. Luterbacher (U Berne)
·
Données
expérimentales : E. Cortijo, M.A. Sicre,
V. Masson-Delmotte, U. von Grafenstein, G.
Hoffmann, N. Tisnerat-Laborde,
N. Frank, D. Blamart (LSCE), G. Lambert (U
Besançon),
J. Guiot (CEREGE)
· Données instrumentales : P. Jones (U East Anglia), J.M. Moisselin, O. Mestre (Météo France)
A. Angot,
Etudes sur les vendanges en France. Annales du
Bureau Central Météorolologique
de France, Paris, 1883.
Caussinus H. & Mestre O. (2004) Detection and correction of
artificial
shifts in climate series. J. Roy. Stat.
Soc. 53, part 3, 1-21
Chuine I., P. Yiou, N. Viovy, B. Seguin, V. Daux et
E. Le Roy Ladurie (2004) Grape Harvest
Dates and Temperature
Variations in France since 1370, Nature, 289-290, doi
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regimes:
Where and when ? Geophys. Res. Lett.,
31, L07202, doi:10.1029/2003GL019119
· Thèse de doctorat en 1994 (sujet : Dynamique du Paléoclimat: Données et Modèles)
· Habilitation à Diriger les Recherches en 2003 (sujet : Estimations de la Variabilité Climatique des Âges Glaciaires aux Derniers Siècles).
· Chercheur au LSCE (CEA) depuis 1994.
· Invited professor au Département de Sciences Atmosphériques de UCLA en 1996-1997.
Analyse de la variabilité climatique aux échelles millénaires à saisonnières. Développement d’outils statistiques (dont un logiciel libre) pour analyser les données climatiques.
Projet européen STREP (Extreme
Events : Causes and Consequences
(E2-C2)), et un projet du PNEDC/INSU (Approches Multi-Proxy
de la variabilité climatique séculaire autour de l’Ouest de L’Europe
(AMPOULE)).
Statistiques pour l’environnement (Master ENS, et
Master
ICE/M2S)
Spectra : analyse
spectrale de
séries temporelles, avec l’équipe de M. Ghil (UCLA)
2004 : Prix Louis D.
de l’Institut de France (collectif), pour les travaux sur « les
événements
climatiques abrupts et localisés dans le temps, et leurs
conséquences ».
Souriau A., Yiou
P. (2001) Grape harvest dates for
checking NAO paleoreconstructions, Geophys. Res. Lett.
28:3895--3898
Slonosky V., Yiou
P. (2002) Does the NAO represent zonal
flow? The influence of the NAO on North Atlantic
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N. Viovy,
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Roy Ladurie (2004) Grape Harvest Dates and
Temperature
Variations in France since 1370, Nature, 289-290, doi
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weather regimes: Where and when ? Geophys.
Res. Lett., 31, L07202,
doi:10.1029/2003GL019119
Masson-Delmotte V., Raffalli-Delerce,
Danis P.A., Yiou
P., Stievenard M., Guibal
F., Mestre O., Bernard V.,
Goosse H., Hoffmann G., Jouzel
J. (2005) Changes in European precipitation seasonality and in drought
frequencies revealed by a four-century-long tree-ring isotopic record
from
Brittany, western France, Clim. Dyn.,
24, 57--69
· Thèse de doctorat en 1990
· Postdoctorat (LERTS, Toulouse) 1990-1992
· Chercheur au LSCE (CEA) depuis 1992.
Modélisation des
cycles
biogéochimiques dans la biosphère continentale, liens entre paramètres
climatiques et végétation.
Projet GEWEX PILPS-carbon,
Chuine I., P. Yiou, N.
Viovy, B. Seguin, V. Daux
et E.
Le Roy Ladurie (2004) Grape
Harvest Dates and
Temperature Variations in France since
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de Noblet-Ducoudré N.,
Gervois S., Ciais
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Coupling the
Soil-Vegetation-Atmosphere-Transfer Scheme ORCHIDEE to the agronomy
model STICS
to study the influence of croplands on the European carbon and water
budgets, Agronomie, 24, 397-407
32
ans
Nationalité
française
CR2 CNRS UMR 5175
Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier
- Impact des changements
climatiques sur la répartition géographique des espèces végétales, leur
fonctionnement et leurs traits d’histoire de vie : expérimentation
et
modélisation.
- Etude
de l’adaptation des plantes au climat, notamment
de la phénologie et caractères corrélés, au travers d’expériences de
génétiques
quantitatives en milieu commun contrôlés.
- Reconstitution du climat
du dernier millénaire à partir de données et modèles phénologiques
- Etude et modélisation des
tendances phénologiques de la végétation
sur le XXe siècle en Europe et
prédiction pour le XXIe siècle
selon différents scénarios
climatiques.
2004-2005 «Phénologie des essences
forestières en
France : constitution d’une base de données et modélisation”
inscrit dans
la Mission « Changement climatique et effet de serre » de
l’INRA.
Coordinateur.
2004-2005 « Comprendre et prévoir
l’impact des
changements climatiques sur la répartition de la flore française »
inscrit
dans le programme Biodiversité et Changement Global de l’Institut
Français de
la Biodiversité. Coordinateur.
2004-2005 « Vers une meilleure
intégration des
processus dans ORCHIDEE afin de réduire les incertitudes sur les
estimations
des bilans de carbone et d’eau à l’échelle nationale » inscrit
dans le
programme national ACI/FNS ECCO Ecosphere
continentale, Processus et modélisation. Participant.
X.
Morin et Chuine
I. (2005) Sensitivity analysis of the tree
distribution model PHENOFIT to climatic
input characteristics: implications for climate impact assessment.
Global
Change Biology. Sous presse.
Chuine I., P. Yiou,
N. Viovy, B. Seguin,
V. Daux, et E. Le Roy Ladurie
(2004)
Grape ripening as an indicator of past climate. Nature 432:289-290.
Chuine I., K. Kramer & H. Hänninen.
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Environmental Science. M.D. Schwartz (ed.). Kluwer
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Chuine I., S.
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Journal of Forest Research,
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Chuine I. et E. Beaubien
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